A la fin du siècle dernier, disons dans les années 90 pour participer aux expositions nationales d’aviculture ou de cuniculture les animaux devaient être identifiés selon les dispositions suivantes.
L’éleveur de lapins était invité à se procurer auprès de son association avicole ou de la fédération française de cuniculture des cartons d’identification sur lesquels figurait un numéro unique. L’éleveur pouvait acheter autant de cartons qu’il le voulait, ceux-ci n’étaient pas limités dans le temps, ni millésimés.
Ensuite
l’éleveur identifiait ses lapins par tatouage en inscrivant :
Dans l’oreille gauche : mois de naissance, pays de naissance, année de
naissance.
Dans l’oreille droite le numéro alphanumérique figurant sur le carton
d’identification. Mais, il n’y avait pas ou peu de retour des actes
d’identification vers l’association ou vers la FFC ayant délivré le carton. Il
n’y avait donc pas d’enregistrement suivi. Seul l’animal portait un numéro qui
lui permettait de participer aux expositions concours avec jugement.
Cet aménagement n’apportait
rien à l’éleveur et encore moins à la pratique de l’élevage sélectif du lapin.
Il n’y avait aucune traçabilité organisée, aucun suivi de la filiation des
animaux. Il était donc impossible : de connaître l’effectif du cheptel
pour chaque race et pour l’éleveur l’impossibilité de faire évoluer son élevage
en apportant de nouveaux géniteurs aux performances zootechniques connues.
Malgré la formulation d’un standard officiel qui décrivait les races, dans cet agencement il n’y avait aucun procédé de vérification qui puisse certifier que l’animal soit réellement de race. C’est par abus de langage que l’on parlait alors d’animaux « de race pure »
L’analyse de cette situation a conduit le Secrétariat de la course aux points à concevoir dès l’an 2000 sous la houlette de Gérard MICHAUD juge cunicole, un modèle d’organisation pour que l’élevage loisir du lapin ne soit plus considéré comme une activité banale, sans perspectives, sans projets, sans aucune préoccupation de développement et sans souci de la conservation des races.
Gérard MICHAUD considère que l’élevage amateur du lapin a besoin d’être organisé méthodiquement pour obtenir des résultats rationnels. L’élevage du lapin de race sans méthode, c’est insuffisant pour assurer la promotion et la pérennité des races.
« Une méthode désigne une démarche ordonnée pour atteindre une finalité, c’est tout simplement le cheminement progressif et raisonné que l’on suit pour arriver à un but déterminé. Si l’amateur est livré à lui-même, s’il n’est pas éclairé ou dirigé par des connaissances rationnelles et encouragé pour atteindre ou obtenir des résultats, l’élevage dégénère vers la routine et les perfectionnements ne sont dus qu’au hasard ».
C’est dans ce contexte qu’émerge et se formalise la notion d’élevage dynamique, définie comme une approche structurée de l’élevage du lapin de race fondée sur la sélection, l’observation, et la compréhension des lois de l’hérédité. Inspirée des principes de la zootechnie, cette démarche vise à faire évoluer l’élevage amateur du lapin de race vers une pratique plus rigoureuse, consciente et engagée dans la conservation du patrimoine cunicole.
Au fil des années, le concept se précise et s’enrichit à travers différents écrits et prises de position. L’élevage dynamique s’affirme alors comme une véritable ligne de conduite, reposant sur plusieurs principes fondamentaux : la recherche de la qualité, le respect de bien être de l’animal et la maîtrise de la reproduction considéré non comme un simple moyen de production, mais comme méthode de sélection et de conservation du patrimoine de la cuniculture.
Parallèlement à cette formalisation théorique, des outils concrets sont développés afin de traduire ces principes dans la pratique. Avec la création et diffusion dès l’an 2000 du « legs racial de cuniculture », la mise en place de la Course aux Points et puis dès 2004, le lancement du Tournoi des Élevages Classés avec le jugement par analogie
Ces dispositifs visent à encourager, à renforcer l’exigence de sélection et à valoriser les élevages engagés dans une démarche qualitative.
L’élevage dynamique apparaît aujourd’hui, comme une approche globale de l’élevage du lapin de race à la fois technique, culturelle et éthique. Il repose sur un état d’esprit exigeant, fondé sur l’observation, la patience, la connaissance, et vise à concilier plaisir de l’élevage et responsabilité dans la conservation des races.
Ainsi, depuis sa formulation initiale le concept de l’élevage dynamique s’est progressivement structuré pour devenir un cadre cohérent, associant réflexion théorique et outils pratiques, au service d’une cuniculture amateur plus rigoureuse, plus engagée et tournée vers l’avenir.
Gérard MICHAUD juge de cuniculture



